lundi 26 mai 2014

Allons-nous renoncer encore longtemps ? Réaction épidermique aux élections européennes

Le résultat en France des récentes élections européennes me désespère.
Plus d’un de mes compatriotes sur deux n’a pas jugé utile de se rendre aux urnes et un votant sur quatre a donné son suffrage à l'extrême-droite xénophobe, protectionniste et anti-Europe, dotée d’un programme économique qu'un lycéen n'oserait même pas recopier.

Politiquement, nous ne sommes plus qu’à une ou deux petites étapes d’une catastrophe d’ampleur.
Ce sinistre état de fait est la conséquence de nos renoncements.

Nous sommes trop nombreux à avoir renoncé à envisager les opportunités avant les menaces.

Nous sommes trop nombreux à avoir renoncé à imaginer le futur au lieu de de ressasser le passé.

Nous sommes trop nombreux à avoir renoncé à ne pas nous bercer d'illusions.

Nous sommes trop nombreux à avoir renoncé, face aux mutations de la troisième révolution industrielle et à la crise dans laquelle nous sommes englués depuis 2008, à affronter le vent du large.

Nous sommes trop nombreux à avoir renoncé à exiger de nos représentants politiques imagination, efficacité et probité.

Nous sommes trop nombreux à avoir renoncé à n'écouter et ne suivre que des chefs d’entreprise, syndicalistes, médias, intellectuels et artistes de tous poils, eux aussi, efficaces, imaginatifs et honnêtes.

Nous sommes trop nombreux à avoir renoncé à être, dans notre quotidien, efficaces, imaginatifs, honnêtes ...

Nous sommes trop nombreux à avoir renoncé à se souvenir que chacun est co-responsable de la situation de tous.

Nous sommes trop nombreux à avoir renoncé à agir, à notre modeste échelle, pour améliorer, ne serait-ce qu’un peu, le monde.

Il est grand temps que, collectivement, nous réagissions et n'acceptions plus l’idée de déclin.

À défaut, nous pourrions rapidement être conduit à paraphraser le célèbre texte du pasteur luthérien allemand Martin Niemöller, un temps compagnon de route passif des nazis dans les années 1930, avant d’être arrêté par eux puis déporté.
Lorsqu'ils sont venus chercher les communistes,
Je me suis tu, je n'étais pas communiste.
Lorsqu'ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je me suis tu, je n'étais pas syndicaliste.
Lorsqu'ils sont venus chercher les juifs,
Je me suis tu, je n'étais pas juif.
Puis ils sont venus me chercher,
Et il ne restait plus personne pour protester.

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