lundi 25 juillet 2016

Quiz : connaissez-vous vraiment le Front National ?

Partout en Europe, les opinions nationalistes et populistes, voire xénophobes, prospèrent. 
En témoignent les succès électoraux des pro-Brexit en Grande Bretagne, de Marine Le Pen en France et de multiples autres.

Dans le même temps, des positions ouvertes et européennes - en un mot rapide et étymologique, libérales - continuent à être partagées par une fraction importante de la population, dont votre serviteur ne se cache pas de faire partie.

Cette coupure idéologique est d'abord le symptôme d'une rupture sociale.
Désormais, deux sociétés distinctes coexistent côte à côte, avec peu de points de rencontre.

Je vous propose un quiz rapide pour toucher du doigt cette nouvelle ségrégation française.

Première série de questions 

Parmi les 30 villes et bourgades françaises citées ci-après, combien en connaissez-vous ?
Durant les 5, 10, 20 dernières années, combien de temps y avez-vous séjourné ?
Combien de personnes de votre entourage y résident ?
  • Arles (Bouches du Rhône)
  • Arras (Pas de Calais)
  • Bar sur Aube (Aube)
  • Beauvais (Oise)
  • Béziers (Hérault)
  • Brignoles (Var)
  • Carpentras (Vaucluse)
  • Cavaillon (Vaucluse)
  • Chateaurenard (Bouches du Rhône)
  • Chaumont en Vexin (Oise)
  • Forbach (Moselle)
  • Habsheim (Haut Rhin)
  • Hénin-Beaumont (Pas de Calais)
  • Héricourt (Haute Saône)
  • Hirson (Aisne)
  • Liévin (Pas de Calais)
  • Orange (Vaucluse)
  • Péronne (Somme)
  • Perpignan (Pyrénées Orientales)
  • Saint Dié des Vosges (Vosges)
  • Saint Dizier (Haute Marne)
  • Saint-Avold (Moselle)
  • Saint Pol sur Ternoise (Pas de Calais)
  • Sarrebourg (Moselle)
  • Sarreguemines (Moselle)
  • Soissons (Aisne)
  • Vauvert (Gard)
  • Vitrolles (Bouches du Rhône)
  • Vitry le François (Marne)
  • Wissembourg (Bas Rhin)
     

Seconde série de questions

Mêmes questions pour cette autre liste de 30 localités.
  • Antony (Hauts de Seine)
  • Bordeaux (Gironde)
  • Boulogne Billancourt (Hauts de Seine)
  • Clamart (Hauts de Seine)
  • Colombes (Hauts de Seine)
  • Courbevoie (Hauts de Seine)
  • Epinay sur Seine (Seine Saint Denis)
  • Grenoble (Isère)
  • Issy les Moulineaux (Hauts de Seine)
  • Ivry sur Seine (Val de Marne)
  • La Celle Saint-Cloud (Yvelines)
  • Levallois Perret (Hauts de Seine)
  • Lyon (Rhône)
  • Maisons-Laffitte (Yvelines)
  • Marly le Roi (Yvelines)
  • Meudon (Hauts de Seine)
  • Montreuil (Seine Saint Denis)
  • Montrouge (Hauts de Seine)
  • Nanterre (Hauts de Seine)
  • Nantes (Loire Atlantique)
  • Neuilly sur Seine (Hauts de Seine)
  • Orsay (Essonne)
  • Paris (intra muros)
  • Rennes (Ille et Vilaine)
  • Rueil-Malmaison (Hauts de Seine)
  • Saint Denis (Seine Saint Denis)
  • Strasbourg (Bas Rhin)
  • Toulouse (Haute Garonne)
  • Versailles (Yvelines)
  • Vincennes (Val de Marne)
     

Décryptage

La première liste est celle des 30 territoires ayant le plus voté pour Marine Le Pen lors du scrutin présidentiel de 2012.

La seconde est son exact opposé. Ce sont les zones ayant le moins choisi le Front National.

Les 30 circonscriptions électorales ayant le plus voté pour Marine Le Pen en 2012, par rapport au nombre d'inscrits, sont illustrées par les symboles rouges.
Les 30 ayant le moins choisi le Front National suivant le même critère apparaissent en jaune.
Voir aussi une version interactive de cette carte.

Résultats personnels

Personnellement, je connais moins de la moitié des bourgades penchant à l'extrême-droite.
Aucun de mes proches n'y vit.
Je n'ai séjourné que dans une seule d'entre elles, une huitaine de jours, il y a nettement plus de 5 ans.

À l'inverse, je connais toutes les villes de la seconde liste.
J'habite l'une d'elles.
J'ai déjà visité une grande majorité des autres. Ainsi, depuis le 1er janvier, je me suis rendu dans une moitié d'entre elles.
Une forte part de mon entourage y réside.

De surcroît, chaque année, je passe entre 30 et 50 jours hors des frontières françaises.

Et vous ?

Sociologiquement votre

Références et compléments
Chronique inspirée par la conférence TEC d'Alexander Betts "pourquoi le Brexit est survenu et que faire désormais ?" (en anglais)

Précisions méthodologiques
  • Version interactive de la carte du vote Marine Le Pen en 2012.
    J'ai symbolisé chaque circonscription par sa localité la plus importante.
     
  • Le regroupement des résultats électoraux par circonscriptions a de multiples avantages.
    D'une part, les données sont facilement accessibles et très détaillées.
    D'autre part, malgré les imperfections flagrantes du découpage électoral, les circonscriptions sont une maille suffisamment fine, mais pas trop, avec des populations comparables en nombre.
     
  • J'ai choisi de classer le vote en faveur de Marine Le Pen en fonction du pourcentage des inscrits qui reflète l'attachement à une option politique.
    Par définition, les abstentionnistes, exclus du décompte des votes exprimés, ne font pas montre de penchants bien établis.
     
  • Marine Le Pen au niveau national a atteint 14% des inscrits en 2012.
    Elle a fait plus de 22% - une fois et demi plus - dans les zones les plus en sa faveur.
    Par contre, les territoires votant le moins pour elle sont tous en dessous de 8% des inscrits, presque moitié moins que la moyenne.
    Pour faire simple, on vote 3 fois plus Front National autour des symboles rouges sur la carte que près des jaunes.
     
  • Mon classement s'est intéressé exclusivement à la France métropolitaine.
    La France dite d'outre-mer a très peu voté pour le Front National.
     
  • J'ai aussi regroupé toutes les circonscriptions parisiennes en une seule, les résultats étant spectaculairement homogènes.
     
  • Le choix des couleurs des symboles de la carte est le fruit du daltonisme de votre serviteur et n'a aucune signification politique ou syndicale. 

Les statistiques électorales proviennent de data.gouv.fr.

mardi 19 juillet 2016

Un génocide presque parfait

Les auteurs de génocides ne sont pas uniquement obsédés par l’extermination des populations qu'ils exècrent.
Ils veulent aussi faire place nette en supprimant toute trace matérielle ou symbolique de leurs victimes. 

Retour sur un passé européen trop vite passé. 

1944

Imaginez une bourgade de 20 000 habitants - comme il en existe des milliers en Europe - et dont la principale particularité est de n'en point avoir.

Imaginez deux communautés cohabitant dans cette ville depuis plus de deux siècles.

Imaginez, à l’issue de la première guerre mondiale, la dislocation du fragile équilibre et la lente montée de la haine sectaire.

Imaginez la seconde guerre mondiale poussant ces passions délétères à leur paroxysme.

Imaginez une armée étrangère en pleine débâcle, soutenue par des miliciens locaux, trouvant les moyens et le temps d’entasser dans quelques maisons de deux petites rues un habitant sur quinze, la totalité de la communauté minoritaire.

Imaginez ces 1221 personnes de tous âges, déportées, dans des wagons à bestiaux, vers un camp de la mort, au terme d'un trajet chaotique de 500 kilomètres.

Imaginez moins de cent survivants.

Imaginez une nouvelle dictature poussant insidieusement à la fuite ces rares rescapés.

2016

Observez les paisibles rues ensoleillées du centre de cette même bourgade européenne, 72 ans plus tard.



Observez la floraison de statues, de monuments et de plaques à la gloire des héros nationaux et des célébrités locales.





Observez que deux plaques seulement commémorent des victimes du génocide.




Observez un bâtiment imposant et rénové en lisière du centre-ville.
Google et l’office du tourisme le décrivent comme l’auditorium municipal.
Mais Wikipedia explique sobrement qu'avant cela, il fut le principal édifice religieux de la communauté disparue.



« C’est peut-être là que se cache le diable : non dans le fait que l'homme tue, mais dans celui que les vertus indispensables au crime deviennent pour lui l'ordre du monde. »
Imre Kertész
Mémoriellement votre

Références et compléments
Ma gratitude à Odile qui, sans le savoir, est à l’origine de cette chronique.

Pour être précis, le cimetière de la bourgade abrite un monument aux victimes du génocide.
Toutefois, ce lieu - qui n’est pas indiqué dans les documentations et informations anglophones à destination des visiteurs - n’est pas à proximité du centre-ville.
Aussi mes pérégrinations pédestres ne m’y on pas conduit.
Plus de détails, en suivant ce lien qui conduit à un article en anglais.

Voir aussi, sur un thème voisin, la chronique "à Berlin entre anciens et nouveaux démons".

Les photos ont été prises par l'auteur en avril et juillet 2016.

vendredi 15 juillet 2016

Liberté Égalité Fraternité

Une fois de plus, une fois de trop, la France a été, à Nice, hier 14 juillet 2016, endeuillée par la barbarie terroriste.


Que ce massacre ait eu lieu le soir de la fête nationale est particulièrement symbolique.
La devise française rassemble en une rime de trois mots seulement ce que les tenants du totalitarisme prétendument islamique exècrent.

La liberté ne saurait exister à leurs yeux.
Ils n’envisagent que l’obéissance absolue aux principes qu’ils ânonnent en dévoyant leur religion.

L’égalité leur est insupportable.
Quelqu’un ne respectant pas leurs dogmes inhumains n'a, pour eux, aucune valeur.
De même, une femme n'est en aucune manière l’égale d’un homme.

La fraternité les exaspère.
Des personnes d’ethnies, nationalités, langues, croyances, confessions, opinions, orientations et comportements différents ne sauraient vivre en paix et en bonne intelligence.
La terrible litanie des victimes de Nice qui commence à circuler dans les médias et réseaux sociaux illustre tragiquement cette haine viscérale de la diversité.
Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.
Charles de Gaulle - 18 juin 1940
Tristement mais librement votre

Références et compléments
Sur le même thème, voir aussi les chroniques « 10 citations contre le terrorisme et la barbarie » et « mes valeurs ».

Le dessin de la Promenade des Anglais et de la Baie des Anges de Nice est signé John Mejia et circule depuis ce matin sur les réseaux sociaux.

dimanche 3 juillet 2016

À Berlin entre anciens et nouveaux démons

Berlin est une de ces villes qui portent en elles un trop-plein d'histoire.
Impressions fugaces captées lors d'une brève escapade dans la capitale allemande.

Avions



En 1948, les USA, aidés par la Grande Bretagne et la France, organisaient un pont aérien pour ravitailler Berlin-Ouest que le blocus mis en place par l'URSS avait mis en grande difficulté.
Des photos mythiques montrent des civils saluant des avions à hélices rasant les immeubles avant de se poser sur une piste aménagée à la hâte par les militaires occidentaux.

Désormais, les habitations berlinoises sont toujours survolées...
L'aéroport de Tegel déborde de passagers venus du monde entier.

Checkpoints



Quelques checkpoints, dont le célèbre Charlie, assuraient les trop rares passages entre les deux parties de Berlin.

Désormais, il y a toujours autant d’obstacles et de chicanes dans les environs de l’avenue « Unter den Linden »...
Une nouvelle ligne de métro y est en construction.

Mur



La porte de Brandebourg, construite au 18ème siècle, fut le symbole de la division de Berlin.
Le « mur de la honte » bloquait son accès ouest et barrait la perspective.

Désormais, la porte de Brandebourg est toujours bouchée...
Un écran géant et une « fan zone » y ont été implantés pour l'euro de football.

Départs



En 1963, le président américain John Fitzgerald Kennedy, dans son célèbre discours « Ich bin ein Berliner », s'exclamait :
« La liberté connaît beaucoup de difficultés et la démocratie n'est pas parfaite.
Mais nous n'avons jamais eu besoin d'ériger un mur pour conserver nos citoyens, pour les empêcher de s'enfuir. »

Désormais, il y a toujours de longues files d'attente à l'aéroport de Berlin...
Des touristes court vêtus - après avoir acheté un fragment réputé authentique du « mur de la honte » à la boutique de souvenirs - s'apprêtent à se rendre à Moscou, à bord d'un Airbus plaisamment baptisé Youri Gagarine.

Pressentiments

Je suis né, en Europe de l'ouest, l'année de la construction du mur de Berlin.
Marcher, tranquillement et librement, au petit matin, à l'est de la porte de Brandebourg est une joie symbolique.

Comment, durant cette promenade, ne pas remercier Vaclav Havel, Adam Michnik, Jean-Paul II, Lech Walesa, Mikhaïl Gorbatchev et, surtout, les anonymes qui ont expédié aux oubliettes la division européenne ?
Comment ne pas réécouter Kennedy ?
Comment ne pas se remémorer les images inouïes du 9 novembre 1989 ?

Comment, dans le même temps, ne pas avoir un pincement au cœur ?

Face aux menaces, ma génération - qui devrait se réjouir d'avoir été comblée par l'histoire - préfère se replier sur elle-même plutôt que d’affirmer et défendre des valeurs positives.

Des nuages grisâtres s'accumulent.
De nouveaux murs s'élèvent dans nos têtes et, désormais, dans nos urnes.
Nous sommes passés du mauvais coté des barbelés qui resurgissent à nos frontières...

Let's remember Berlin!
Souvenons-nous de Berlin !

Librement votre

Références et compléments
Voir aussi les chroniques :
- Mes valeurs
- Ich bin ein Tunesier

La vidéo de ce chef d'oeuvre d'éloquence et de réthorique qu'est le discours "Ich bin ein Berliner" de John Fitzgerald Kennedy à Berlin le 26 juin 1963 (avec sous-titres en français) :
- Texte original en anglais
- Traduction en français par Wikisource
- Article Wikipedia

Article Wikipedia sur le mur de Berlin

Les photos ont été prises par mes soins à Berlin les 22 et 23 juin 2016.
J'avoue avoir succombé à la tentation en achetant mon petit morceau de mur.

vendredi 1 juillet 2016

Quand la barbarie terroriste devient palpable

Mardi dernier, j’étais en déplacement professionnel à Brême dans le Nord de l’Allemagne.
À la porte voisine de celle où j’attendais mon vol de retour, un avion à destination d'Istanbul embarquait ses passagers.

J’avoue n’avoir prêté qu’une attention limitée à ces voyageurs, pour la plupart des vacanciers retournant vers leur pays d’origine.

Pourtant, compte tenu de l’heure de départ, ce vol a probablement atterri au moment même où 3 kamikazes faisaient un carnage dans l’aéroport turc.
Ces personnes, que j’ai à peine entrevu, ainsi que ceux venus les attendre, ont du avoir la frayeur de leur vie, voire nettement pire.

Dans le mépris le plus absolu de la foi dont ils se réclament, les salopards de Daech, en ciblant des inconnus indifférenciés, rendent l’enfer qu’ils nous promettent préférable à leur illusoire paradis.

No pasaran

Résolument votre

Références et compléments
Voir aussi la chronique "10 citations contre le terrorisme et la barbarie"

samedi 18 juin 2016

Ma visite impromptue chez Charles de Gaulle

Cette semaine, un accident ayant fermé l'autoroute que je devais emprunter, je me suis retrouvé fortuitement aux environs de Colombey les Deux Églises.

Mu par une sorte d'appel, j'ai fait halte quelques instants dans le village du général de Gaulle.

Humilité

Vastes, frustes et tristes horizons ; bois, prés, cultures et friches mélancoliques ; relief d'anciennes montagnes très usées et résignées ; villages tranquilles et peu fortunés dont rien, depuis des millénaires, n'a changé l'âme, ni la place...


Le minuscule village de Colombey est toujours pareil à la description qu'en donnait Charles de Gaulle dans ses mémoires.
Maisons et rues ne semblent pas avoir changé depuis la retransmission télévisée des obsèques du "général" en novembre 1970.

Le cimetière - modeste par sa taille mais aussi par la simplicité et l'absence d'ornements des tombes - jouxte l'église.
La sépulture du général de Gaulle, de son épouse et de sa fille cadette ne se distingue en aucune façon de ses voisines.
À quelques pas, dans une tombe très similaire, reposent son autre fille et son gendre.




Afin de ne pas dénaturer ce lieu de recueillement, les innombrables plaques commémoratives ainsi que les fleurs sont reléguées, en vrac, dans un coin du cimetière, à l'écart des tombes.
Parmi elles, la gerbe tricolore déposée par François Hollande trois jours plus tôt.




Grandeur

Au sommet d'une colline, face au cimetière et à "la Boisserie" - la propriété des de Gaulle - se dresse une croix de Lorraine en granit de 45 mètres de haut, symbole de la France Libre et du gaullisme.

Plusieurs kilomètres avant Colombey, le regard du visiteur est accroché par ce monument incongru émergeant de la forêt.



Contraste

La mise en scène de la mémoire de Charles de Gaulle à Colombey reflète les contradictions intérieures de ce personnage singulier.

La vie personnelle simple ainsi que le goût pour la solitude et l'austérité sont illustrés par le dépouillement de sa tombe.

À l'opposé, l'attachement viscéral à la France et l'obsession, à la limite de la mégalomanie, de sa "grandeur" s'incarnent dans la gigantesque croix de Lorraine.



Nostalgie

En quittant Colombey les Deux Églises, je ne peux m'empêcher de regretter que les politiciens français actuels - y compris dans le parti se réclamant encore vaguement du gaullisme - aient inversé l'équation du "grand Charles".

Obsédés par leur propre destin, ils semblent avoir oublié celui du pays.
Pourquoi changeraient-ils puisque nous les élisons et réélisons inlassablement ?



Historiquement votre

Références et compléments
Les photos ont toutes été effectuées par mes soins à Colombey les Deux Églises en Haute Marne le 17 juin 2016 (j'ai, en quelque sorte, devancé l'appel).
Pour agrandir les images, cliquer dessus.

Voir aussi les autres chroniques traitant de près ou de loin de Charles de Gaulle.

Pour aller plus loin, les articles Wikipedia

La citation décrivant Colombey les Deux Églises est extraite des mémoires de guerre de Charles de Gaulle.

La croix de Lorraine est une croix avec deux barres horizontales.
Elle a été choisie comme emblème de la France libre en juillet 1940 par l'amiral Muselier, militaire lorrain qui fut un des premiers compagnons du général de Gaulle en Grande Bretagne, en opposition à la croix gammée des nazis.

mardi 14 juin 2016

7 milliards de nuances de gris contre Daech

Les tueries d'Orlando et de Magnanville viennent encore d'accroître la trop longue liste des victimes du terrorisme de Daech.

À croire ces salopards, il n'y a ici-bas que deux engeances : les bons autodésignés et les mauvais, c'est à dire tous les autres.
Bien entendu, les bons ont le devoir, afin de hausser le niveau général, de soumettre les mauvais et d'éliminer les plus toxiques d'entre eux.

Face à cette conception morbide, les proies de Daech représentent notre diversité.
Un gay de Floride, un touriste, un militaire tunisien, un policier français, un dessinateur satirique danois, un visiteur japonais de musée, une jeune femme yezidie et tous les autres martyres n'ont qu'un seul point commun : leur humanité.
C'est pourquoi l'existence de chacun d'entre eux - c'est à dire, en pratique, l'existence de chacun d'entre nous - est insupportable aux cerveaux étriqués de l'axe autoproclamé du bien.

La quasi-totalité des 7 milliards d’humains qui peuplent notre planète doit continuer à opposer l'ensemble de ses nuances de gris au trop noir et blanc Daech.
À défaut, le piège que les terroristes nous tendent se refermerait sur nous.

La flamme de la vie ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas !

We shall never surrender! Never! Never!

Tristement votre

Références et compléments
Voir aussi les chroniques :
- 10 citations contre le terrorisme et la barbarie
Daech s'est déjà implanté deux fois en Europe

Je me suis appuyé, pour ce billet écrit dans l'émotion, sur des auteurs bien plus qualifiés que moi :
- Charles de Gaulle qui, le 18 juin 1940, depuis Londres, appelait à raviver la flamme de la résistance française.
- Son compère Winston Churchill qui sensiblement au même moment promettait de ne jamais se rendre !
- E.L. James qui a titré son best-seller érotique mondial "50 nuances de gris".
- Maxime le Forestier qui a cité "les deux engeances" dans une chanson.

samedi 11 juin 2016

Liberté Inégalité Hérédité

En France, personnalités et politiciens dénoncent avec constance l’accentuation par le système scolaire des inégalités sociales.
Hélas, les démonstrations des uns et des autres sont souvent mal étayées.

Aussi, fidèle aux habitudes de ce blog, j’ai tenté d’en savoir plus. 
Jugez sur pièces.

Quelle égalité des chances ?


Avec une parfaite égalité des chances, chaque jeune pourrait accéder aux meilleures formations exclusivement en fonction de ses capacités propres et indépendamment de son origine sociale.

Avec un tel idéal, les effectifs de toutes les filières de l’enseignement supérieur refléteraient la diversité nationale.
Dans n’importe quel mastère, quel que soit sa spécialité, 1 étudiant sur 3 devrait être un enfant d’ouvriers et 1 sur 5 issu d’une famille de cadres.

Répartition des français âgés de 18 à 23 ans en fonction de la profession de leurs parents

Des écoles héréditaires d’ingénieurs


Dans notre bel hexagone imprégné de méritocratie républicaine, la logique voudrait que les formations parait-il les plus prestigieuses - immodestement baptisées « grandes écoles » - soient celles où l’ascenseur social fonctionne le mieux.

Il n’en est rien !
Les enfants de cadres sont 3 fois plus nombreux dans les écoles d’ingénieurs que dans l’ensemble de la population. Les rejetons d’ouvriers sont, dans le même temps, quasiment 5 fois moins représentés.

Tous comptes faits, les probabilités pour un jeune de devenir ingénieur sont à peu près 13 fois plus fortes lorsque ses parents le sont que s’il vient des catégories dites « populaires ».
Les écoles de management et les formations de médecine affichent des scores comparables.

Probabilité d'entrée en école d'ingénieurs des jeunes français en fonction de la profession de leurs parents comparée à celle d'un enfant d'ouvriers

Quel remède ?


Étant un mauvais connaisseur du système scolaire, je me garderais bien d'énoncer des recettes magiques.

Toutefois, il est vraisemblable qu'augmenter et, surtout, différentier les moyens de l'enseignement maternel et primaire - suggestions proposées notamment par les dissemblables Luc Ferry et Jacques Attali - serait un investissement pour notre avenir.

La société française se sclérose de plus en plus. Les écarts socio-culturels rapportés ici en sont autant une cause qu'un symptôme.

Quand allons-nous comprendre que le maintien crispé du statu quo sur lequel, paradoxalement, « France d’en haut » et « France d’en bas » s’accordent, est notre pire ennemi collectif ?

Égalitairement votre


Post-scriptum : des statistiques fragiles

Les chiffres de cette chronique sont issus des données officielles du ministère français de l’éducation nationale pour l’année scolaire 2014-2015.

Les valeurs relevées ainsi que leurs conséquences sont toutefois sujettes à caution :
  • Suivant les formations, 10% à 40% des étudiants ne révèlent pas leurs origines sociales.
  • Les statisticiens pistent la profession du « chef de famille ».
    Avec l’évolution des moeurs, cette notion paternaliste est en état de décomposition avancée.
    Dans quelle catégorie, par exemple, se déclare un étudiant fils d’un infirmier (profession dite intermédiaire) et d’une manageuse (cadre) ?
  • Le regroupement des artisans, des commerçants et des chefs d’entreprise - auxquels sont aussi adjoints les agriculteurs - est un fourre-tout disparate.
    Il en est de même pour les professions dites intermédiaires, qui vont du clergé aux contremaitres, ainsi que pour les retraités et inactifs.
    Les déterminants économiques, sociaux et culturels ne sont pas homogènes au sein de toutes ces catégories.

Néanmoins, l’écart d’accès aux études supérieures des enfants d’ouvriers par rapport aux autres catégories sociales est trop criant pour ne pas être significatif, même si prudence et analyses complémentaires restent de mise.

samedi 4 juin 2016

L’Europe est au fond de nos poches

L’air grisâtre du temps nous susurre que tous nos malheurs ont pour unique cause « l’Europe ». Seul un repli résolu vers nos ancestraux états-nations rétablirait prospérité, sécurité et sérénité.

Je suggère aux tenants de cette thèse d’examiner leurs poches avant de poursuivre leur propagande.
Jugez, si j’ose m'exprimer ainsi, sur pièces.

Ce matin, après avoir effectué mon devoir familial, c’est à dire quelques courses destinées à emplir le garde-manger, je me suis amusé à inventorier de mon porte-monnaie.


Sur 8 pièces, 2 étaient françaises, 2 autres italiennes, 1 espagnole, 1 néerlandaise, 1 allemande et 1 autre finlandaise.

Des statistiques plus fouillées que ce déballage personnel indiquent qu’environ 4 pièces sur 10 que nous manipulons sont « étrangères ».

Avant d'être un marqueur économique - la menue monnaie représente une faible part des échanges pour l’essentiel dématérialisés - ce mélange numismatique illustre l'immense et permanent brassage humain au sein de notre continent.

Lorsqu'une pièce finlandaise rejoint la France, c’est qu’un compatriote d’Alain Prost a visité ceux de Mika Häkkinen ou qu’un électeur de Sauli Niinistö est passé par le pays de Hollande.
Certains euros suivent des trajets encore plus complexes via plusieurs pays.

Si d'aventure, nous refermions nos frontières nationales, au delà de l’effet négatif sur nos emplois et revenus, c’est d'abord notre manière quotidienne de vivre qui serait affectée.

Un petit rappel historique pour conclure : les très croissantes et très regrettées années 1960, que d’aucuns voudraient faire renaitre, furent la période la plus dynamique de la construction européenne.

Monétiquement votre

Références et compléments
Voir aussi sur le thème des statistiques du quotidien la chronique "petit rappel de probabilité à l'usage des amalgameurs".

L’euro est la monnaie officielle de 26 états et territoires :
  • Les 19 membres de la « zone euro » : Allemagne, Autriche, Belgique, Chypre, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Portugal, Slovaquie, Slovénie.
  • Quatre timbres-poste : Andorre, Monaco, Saint-Marin, Vatican.
  • Et même un territoire britannique plaisamment baptisé « Akrotiri et Dhekelia », c’est à dire les bases militaires de Sa Très Gracieuse Majesté situées sur l’île de Chypre.

Pour des détails statistiques fouillés, se reporter à l’article d’avril 2012 de l’INED « Dix ans de diffusion des euros étrangers en France ».

Alain Prost et Mika Häkkinen sont des pilotes automobiles professionnels respectivement français et finlandais.
Sauli Niinistö est, comme presque chacun le sait, le président de la république de Finlande.

Comme à l'accoutumée sur ce blog, la photo a été réalisée sans trucage.

dimanche 29 mai 2016

Daech s'est déjà implanté deux fois en Europe

Daech nous sidère par sa barbarie, aussi bien au Moyen Orient que loin de sa base. Nous peinons à comprendre les ressorts de cette cruauté, ne serait-ce que pour mieux la combattre.

Pourtant des bouffées délirantes simultanément religieuses et totalitaires sont déjà survenues dans le passé.
Ainsi, à la renaissance, l'Europe, alors exclusivement chrétienne, a connu deux théocraties aux accents contemporains.
Jugez sur pièces.

Saison 1- Épisode 1 - Florence / Italie - 1494 / 1498

En 1494, Florence - ville des Médicis et coeur de la renaissance italienne - est conquise par les troupes du roi de France Charles VIII.

Magnanime, le souverain français décide que les florentins doivent se gouverner eux-mêmes. Il confie le pouvoir à un moine dominicain exalté et prophétique, Jérôme Savonarole / Girolamo Savonarola.
Depuis de nombreuses années, ce religieux ascétique s'opposait aux Médicis et à la hiérarchie catholique qu'il jugeait dépravés et corrompus.

Savonarole - appuyé par la foule galvanisée par ses sermons - met en place un Grand Conseil pour administrer la ville.

Les premières mesures de cette sorte de soviet sont plutôt sympathiques.
L'impôt est modifié pour être plus équitable et un embryon de sécurité sociale est établi pour aider les plus pauvres.
De surcroît, la justice n'est plus autorisée à recourir à la torture.

Jérôme Savonarole par Fra Bartolomeo

Toutefois, revers de la médaille pieuse, une dictature religieuse est instaurée.
Jésus Christ est intronisé roi de Florence et chaque habitant est tenu de respecter les enseignements de la bible, en public et en privé.
Crédit et jeux sont illico interdits, les tavernes mettent la clef sous la porte et l'homosexualité devient punie de mort immédiate.
Les jeunes sont organisés en escouades vêtues de robes blanches. Ainsi affublés, ils parcourent les rues pour inciter par la force les florentins à la charité volontaire.
Une milice assure le maintien de cet ordre religieux rigoriste. Elle entre à toute heure dans les domiciles pour débusquer les conduites immorales qui sont sanctionnées sur le champ et sans appel.

Le jour de mardi gras 1497, dans une ultime fuite en avant, Savonarole, suivi par une partie de la population, organise le « bûcher des vanités » (« falò delle vanità »).
Les florentins - bon gré, mal gré - brûlent les objets suscitant le péché de vanité : cosmétiques, miroirs, vêtements de fête, bijoux, tapisseries, instruments de musique ...
Livres et images sont particulièrement visés. Les oeuvres licencieuses et immorales - c'est à dire non explicitement religieuses ou comportant un soupçon de nudité - sont purifiées par les flammes.
Nombres de manuscrits anciens sont réduits en cendres. Des vers d’Ovide, de Dante et de Boccace finissent en fumée.
Sandro Botticelli - peintre inspiré de la naissance de Vénus et pourtant fervent supporter de Savonarole - aurait amené lui-même plusieurs de ses tableaux d’inspiration mythologique au brasier.

Peu après ce festival de l'autodafé, la jeunesse florentine se révolte et interrompt un sermon du moine purificateur.
Les tripots rouvrent et la vie quotidienne, petit à petit, retrouve son cours habituel.

Sentant le vent tourner, le pape Alexandre VI, jusqu'alors en retrait, se résout à excommunier Savonarole qui est, en 1498, arrêté, torturé et brulé en place publique.

Saison 1 - Épisode 2 - Münster / Allemagne - 1534 / 1535

Dans les années 1530, la région de Westphalie, est, comme presque toute l’Allemagne, en proie aux turbulences religieuses entre catholiques et récents convertis à ce qu’on n’appelle pas encore le protestantisme.

En 1531, un prédicateur « réformé » luthérien très actif, Bernt Rothmann, arrive à Münster, convertit à tour de bras et voue à l’archevêque Franz von Waldeck aux gémonies.
Le combat idéologique est aisé car le prélat catholique, avec ses 8 enfants et son train de vie opulent, n’est pas un modèle de vertu et de tempérance.

Emporté par son élan, Bernt Rothmann finit par considérer trop timorées les thèses de Martin Luther.
En 1533, il se tourne vers l’anabaptisme - christianisme très radical apparu peu avant en Suisse - dont les disciples veulent suivre la bible à la lettre et croient à l’imminence de la parousie, c’est à dire du retour définitif et triomphant du Christ.

Cette dérive sectaire attire en Westphalie de nombreux anabaptistes allemands et néerlandais que catholiques et luthériens s'accordent à persécuter.
Début 1534, deux de leurs leaders, les hollandais Jan Matthijs et Jan van Leiden rejoignent Münster, soulèvent la foule, prennent le contrôle de la cité et chassent les autorités mais aussi une fraction des habitants.

Jan van Leiden - Gravure réalisée en prison quelques jours avant son exécution

Les deux Jan sont persuadés que Münster est la « nouvelle Jérusalem » décrite dans l'apocalypse de Saint Jean.
À partir de cette place forte, ils veulent conquérir et convertir le reste du monde dans le peu de temps qui reste avant que sa fin advienne.
Pour faire face à l'urgence - le come-back de Jésus est programmé le 5 avril 1534 - ils rebaptisent promptement un millier d'adultes et répriment les réfractaires.

Ils en profitent aussi pour bricoler un prototype de communisme en abolissant la monnaie et la propriété privée.
Soucieux de tout partager mais néanmoins pragmatiques, comme Münster abrite plus de femmes que d’hommes suite aux départs forcés de catholiques, les deux prophètes rendent la polygamie non seulement légale, mais obligatoire.
Montrant l’exemple, Jan van Leyden s’octroie pas moins de 16 épouses, dont une qu’il fait décapiter pour refus d’obéissance.

Les anabaptistes doivent aussi faire face à des préoccupations plus terre à terre.
L’archevêque Franz von Waldeck qui n’apprécie guère d’être privé de ses possessions en ce bas monde, recrute des mercenaires qui assiègent la cité.
Jan Matthijs est convaincu d’être le second Gédéon de la bible. Pour briser l'encerclement de la ville, il effectue, pile au moment où le Christ doit réapparaitre, une sortie avec une trentaine d’hommes non armés.
Le renfort divin ayant loupé le rendez-vous, cette petite troupe est massacrée.

Ce revers militaire et théologique ne décourage pas les assiégés et accentue leur radicalisme.
Jan van Leiden - guidé par des « visions célestes » et successeur autoproclamé du David biblique - administre la ville, ses âmes et leur défense d’une main de fer.
En dépit des privations qui se transforment en famine, les anabaptistes résistent avec acharnement et liquident ceux qui ne partagent leur enthousiasme apocalyptique.

Après un an et demi de siège, Münster finit par être reprise par les soldats de l’archevêque secondés par des princes allemands désireux de limiter la contagion révolutionnaire.
Bernt Rothmann meurt lors des derniers combats. Jan van Leyden et deux de ses lieutenants sont capturés et expédiés ad patres à l’issue d’un supplice public.
Pour marquer les esprits, leurs cadavres sont exhibés en haut d’un clocher.


Cages de fer dans lesquelles les corps des meneurs de la rébellion de Münster furent exposés.
Elles sont, comme l'atteste cette photo, toujours accrochées à la tour de l'église Saint-Lambert de la ville.

Saison 2 : vivaces nostalgies

Malgré un recul de cinq siècles, ces épisodes théocratiques au coeur de l’Europe bénéficient toujours d’une aura positive chez moult personnes.

Nombre de protestants, de tendance luthérienne mais aussi calviniste, considèrent Savonarole comme un précurseur et même un martyre de leur réforme religieuse.
Sa statue voisine celle de douze autres figures protestantes qui constituent le très officiel monument à la mémoire de Martin Luther à Worms.

Les catholiques ne sont pas en reste.
Plusieurs personnalités de cette église ont, au fil du temps, conservé, publié et diffusé la pensée du religieux au profil en lame de couteau.
En 1996, son ordre monastique, les dominicains, a même officiellement demandé sa béatification.

Statue de Savonarole du monument à la mémoire de Martin Luther et de la réforme protestante à Worms

Les anabaptistes ont perduré après leur écrasement à Münster.
Si presque tous ont abandonné la violence, leur histoire tortueuse est celle de multiples groupes repliés sur eux mêmes et en conflits théologiques permanents.

Une de ces branches, après un séjour en Alsace, a émigré en Amérique du Nord vers 1730 où elle vit depuis en autarcie en fonction de leur règle « tu ne te conformeras pas au monde qui t’entoure ».
Nous les connaissons sous l’appellation « amish » dérivée du nom de leur fondateur, le suisse Jakob Amman.

Bon an, mal an, les anabaptistes de Münster, leur révolte et leurs leaders suscitent toujours des sympathies dans la très diverse galaxie protestante.

Jan van Leiden baptisant une jeune fille - Tableau de Johann Bähr de 1840

Plus étonnant, la rébellion de Münster a aussi été célébrée par la très communiste, très athée et désormais très défunte République Démocratique Allemande.

Cette révérence envers une théocratie persiste dans une part de la gauche radicale.
Gommant les aspects religieux et interprétant la polygamie comme une rupture du carcan sexuel traditionnel, une lecture marxisante voit dans les évènements de 1534 / 1535 le soulèvement du peuple opprimé contre ses possédants, d’inspiration prolétaire et même libertaire.
Ainsi, la regrettée Marguerite Duras, dans son roman « l’oeuvre au noir », a projeté l’image d’un groupe de sympathiques idéalistes pratiquant l’amour libre et réprimés sans pitié par le conservatisme des puissants.

Saison 3 : fracassantes résonances

Les parallèles avec Daech abondent.
Dans le récit ci-dessus, il suffit de remplacer Florence par Racca, Münster par Mossoul et bible par coran pour décrire la barbarie du prétendu état islamique.

Plus troublant encore, la renaissance a été le siège de multiples mutations se nourrissant les unes les autres.
Citons en vrac : invention de l’imprimerie, début d’amélioration des rendements agricoles, invention de la comptabilité et de la banque, naissance d’une proto-industrie, croissance urbaine, amélioration ténue mais réelle des transports, explorations maritimes lointaines, prémisses du capitalisme, bouillonnements culturels mais aussi religieux …

Comment ne pas faire le lien avec notre époque agitée ?

Historiquement votre

Références et compléments
Voir aussi la chronique « la mondialisation ne date pas de la dernière mousson » qui relate l’expansion maritime mondiale du Portugal sensiblement à la même époque.

Articles Wikipedia pour aller plus loin

L'article dans la revue en ligne "Clio - Femmes, Genre, Histoire" de Catherine Dejeumont "la réforme du mariage dans la communauté anabaptiste de Münster : quelle utopie ?" m'a fait connaître les liens entre la rébellion de Münster et la gauche radicale.

Le demande de béatification de Savonarole par l'ordre monastique des dominicains est référencée à plusieurs reprises, notamment dans cette note du site Regesta Imperii.

Crédits images

lundi 16 mai 2016

La journée des tuiles révolte conservatrice à Grenoble en 1788

Connaître et apprécier l'histoire est différent de la commémorer sans cesse.
Événements et personnages sont habituellement plus ambigus que leur célébration à grands renforts d'estrades, de fleurs et de drapeaux.
À moins que les commémorations ne révèlent les véritables pensées de leurs organisateurs.

Jugez sur pièces avec cet exemple simultanément révolutionnaire et grenoblois.

À Grenoble des tuiles à gauche toute

L'actuelle municipalité daltonienne grenobloise - composée de verts et de rouges et menée par l'écologiste Eric Piolle - organise le 4 juin 2016, pour la seconde année, la "fête des tuiles" qui exalte la journée éponyme de 1788, "étincelle de la Révolution Française".

Cette commémoration plus que bicentenaire - prévue cours Jean Jaurès et cours de la Libération - "met en scène les audaces dont Grenoble déborde" grâce à "la thématique « en marche, la marche, ça marche »" ainsi "qu'au chant et à la danse comme axes artistiques".

La journée des tuiles premier ébranlement de la monarchie française


La journée des tuiles peinte par Alexandre Debelle en 1890

Durant les années 1780, le roi Louis XVI et les plus éclairés de ses ministres, sentant que leur régime se fissurait, tentèrent d'imposer des réformes.

Notamment, en mai 1788, ils voulurent mettre fin aux parlements qui étaient, à la fois, des tribunaux et des chambres d'enregistrement des lois mais aussi de puissants bastions du conservatisme féodal et des particularismes locaux.

La noblesse de robe, arc-boutée sur ses privilèges ancestraux, engagea illico le bras de fer avec une royauté trop progressiste à ses yeux.
Une partie de la bourgeoisie lui emboîta le pas, pensant trouver une occasion de rejoindre le club par la reconnaissance des mérites de sa richesse.

Des échauffourées eurent lieu un peu partout, notamment à Paris et à Rennes. À Grenoble, la défense des parlementaires atteignit son paroxysme.

La capitale du Dauphiné était alors une petite ville d'à peine 20 000 personnes enserrée dans des remparts exigus.
L'essentiel de la population dépendait, directement ou indirectement, des activités de son parlement. Sa mise en vacances menaçait directement la survie de la bourgade.

Aussi le 7 juin 1788, alors que les représentants locaux du roi voulaient éloigner de Grenoble les parlementaires, une émeute conséquente éclatait, attisée par des troupes mal commandées et mal inspirées.
Celles-ci, après avoir fait usage de leurs fusils, furent soumises à une pluie de tuiles lancées par des habitants juchés sur les toits.

En fin de journée, 3 morts et plusieurs dizaines de blessés étaient à déplorer.
Pour mettre fin à une insurrection presque hors de contrôle, le gouverneur cédait et acceptait que les parlementaires, acclamés par les émeutiers, restent en ville.

Quelques semaines plus tard, afin de ramener un calme durable, la monarchie se résolut à réunir les états-généraux du Dauphiné, à Vizille puis à Romans sur Isère, après un siècle et demi d'interruption.

Dans la foulée, sous pression de toute part, trop affaibli pour réformer, Louis XVI convoqua pour le printemps 1789 des états-généraux nationaux.
La révolution française était en marche.

La journée des tuiles dernier soubresaut de l'ordre ancien


Albert de Bérulle premier président du parlement du Dauphiné lors de la journée des tuiles

Contrairement à l'imagerie à la fin du 19ème siècle véhiculée par la troisième république naissante en mal de symboles, la journée des tuiles ne fut pas une révolte populaire spontanée revendiquant, un an avant Paris, l'égalité des droits.

À peine la réforme annoncée, les parlementaires grenoblois, avec à leur tête le très charismatique et très noble Albert de Bérulle, se sont crispés sur leurs prérogatives et privilèges vieux de plus de 3 siècles.

Des avocats issus de la bourgeoisie - notamment Antoine Barnave et Jean-Joseph Mounier - leur ont emboîté le pas espérant récupérer un bout du fromage et agirent efficacement pour entraîner la population urbaine dans leur sillage.
Les campagnes alentour n'ont pas participé à l'émeute.

À court terme, la journée des tuiles permit de rétablir le statu quo au prix d'un affaiblissement de la royauté.
Un an plus tard, la révolution française débutait qui allait balayer les institutions monarchiques - à commencer par les parlements - et unifier les lois sur tout le territoire.

Des révolutionnaires peu révolutionnaires

Les regrettés avocats grenoblois Barnave et Mounier, élus aux états-généraux de 1789, furent très actifs au commencement de la révolution.

Néanmoins - en osant l'anachronisme du vocabulaire contemporain - ces deux politiques grenoblois n'étaient pas vraiment des gauchistes, bien au contraire.

Même si Mounier rédigea, à l'été 1789, les trois premiers articles de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, Barnave et lui furent vite parmi les meilleurs défenseurs, avec quelques nuances, de la monarchie constitutionnelle, du suffrage censitaire et même de l'inégalité entre blancs et noirs.

Barnave caricaturé en Janus à 2 faces : 1789 l'homme du peuple, 1791 l'homme de la cour
Antoine Barnave finit en 1793 ratiboisé par une guillotine à cause de sa trop grande proximité avec la reine Marie Antoinette.

Jean-Joseph Mounier
Jean-Joseph Mounier, plus soucieux de son intégrité physique, alla faire du tourisme en Suisse dès 1790 avant d'être rappelé par Napoléon après 1800 qui le neutralisa sous les honneurs.
Il mourut courageusement dans son lit en 1806.

Historiquement votre

Références et compléments
Mes remerciements à Jean, une fois encore, initiateur de cette chronique.

Voir aussi d'autres chroniques sur les commémorations historiques douteuses
Articles Wikipedia
Les images proviennent de Wikimedia Commons

mercredi 11 mai 2016

Les juristes réussiront-ils à se passer du papier ?

Cinq millénaires de papyrus, parchemins et papiers nous ont durablement façonnés.
Même si, en peu de décennies, le numérique a rempli nos vies, le paplard reste encore bien présent dans nos têtes.
Jugez sur pièces.

Lire un mail pourrait nuire gravement à notre santé juridique

Beaucoup de mails professionnels se terminent par un avertissement légal, ce que les anglo-saxons appellent un "disclaimer", en quelque sorte une déclamation.

Voici, par exemple, le texte récemment dégotté au bas d'un échange de courriels avec un cabinet juridique.
Les consultations adressées par un avocat à son client ou destinées à celui-ci sont couvertes par le secret professionnel quels que soient les supports, matériels ou immatériels (papier, télécopie, voie électronique, etc.).
Ce message peut contenir des informations confidentielles destinées à l'usage exclusif du destinataire.
Si vous le receviez par erreur, merci de bien vouloir nous en avertir immédiatement par téléphone ou messagerie, de le détruire et de n'en divulguer le contenu à quiconque.
Paradoxalement, ce genre d'admonestation se situe toujours à la fin.
En prendre connaissance nécessite d'avoir lu complètement le message.

Les aiguillages postaux ne sont pas toujours bien huilés

Lorsque les avocats communiquaient par lettre, de telles mises en garde se justifiaient.

Même si l'acheminement postal s'était, dans la durée, perfectionné pour limiter les erreurs - via les enveloppes à fenêtre limitant les soucis d'adressage et les envois recommandés s'assurant du destinataire - de temps à autres, le sytème pouvait cafouiller.
Ainsi, il m'est arrivé de trouver dans mon propre courrier un pli destiné à un voisin.

Les mails aboutissent toujours chez leur destinataire mais lequel ?

À l'inverse du courrier physique, les mails sont systématiquement acheminés à bon port.
En une vingtaine d'années, je n'ai encore jamais reçu un message destiné à une autre adresse que la mienne.

Par contre, j'ai, plusieurs fois, expédié un courriel à une personne qui n'était pas celle à laquelle je destinais ma prose.
Je dirais même plus, la saisie semi-automatique conduit facilement à diriger vers Dupond le mail prévu pour Dupont.

J'ai ainsi récemment réceptionné une demande de confirmation de licenciement que, probablement, un quasi-homonyme aurait du valider.
Mais comment en être certain puisque la plupart des mails débutent par un simple bonjour non nominatif, voire sans aucune formule de politesse.


Des avertissements open bar

Un peu surpris par la question qui m'était posée, mais néanmoins soucieux de rendre service, je me suis empressé de soustraire mon correspondant inconnu au dilemme qui semblait le tarauder.
Sans délai ni état d'âme, je l'ai enjoint de procéder illico à l'exclusion programmée.

Ce faisant, j'ai, à la lettre, respecté le "disclaimer" proclamant "si vous receviez ce message par erreur".
En effet, le mail m'a été délibérément adressé par son expéditeur, sinon je n'aurais jamais pu le consulter.

Mieux vaudrait prévenir techniquement que guérir juridiquement. Aussi les avocats et autres personnes de loi, par ailleurs en voie d'ubérisation, gagneraient à revoir leur copie numérique.

En lieu et place des blablas légalistes de fin de message, des vérifications informatiques pourraient aisément être mises en place avant l'envoi de courriels sensibles.
Elles s'assureraient de la présence d'un en-tête nominatif cohérent avec l'adresse mail et alerteraient en cas de possible homonymie.

Déclamationnellement votre

Post Scriptum
Si une erreur s'était glissée dans la recopie en début de chronique du "disclaimer", par ailleurs parfaitement authentique, merci de bien vouloir m'en avertir immédiatement par téléphone ou messagerie, de détruire ce post de blog et de n'en divulguer son contenu à quiconque.

Références et compléments
Dupond et Dupont sont l'oeuvre de Hergé, le dessinateur de Tintin.

dimanche 8 mai 2016

Ingénieuses ingénieures tunisiennes

​La série consacrée aux bouteilles semi-remplies et aux trains ponctuels se poursuit.
Après quelques rayons en France, je vous propose cette fois un peu de soleil de Tunisie.

Des ingénieures survitaminées

J'ai assisté, cette semaine, à un événement intitulé "femme ingénieure : défis et perspectives" organisé par l'ATFI, Association Tunisienne Femmes Ingénieures.
Au cœur d'une technopole de la banlieue de Tunis, durant une matinée, se sont succédé exposés généraux et témoignages devant un parterre composé essentiellement d'ingénieures et d'étudiantes, sans oublier quelques représentants de la gent masculine dont votre serviteur.

L'impression d'ensemble était énergisante et optimiste.
Des femmes de toutes générations ont transmis des images positives de leur activité.


La fabrique d'ingénieurs tourne au même régime en Tunisie qu'en France

Il faut dire que le regard historique donne le tournis.
Lors de l'indépendance de la Tunisie en 1956, il y avait très exactement 84 ingénieurs dans la toute jeune république.
Soixante ans plus tard, cette profession compte 70 000 membres, à peu près moitié moins qu'en France à population équivalente.

Toutefois, la progression est vertigineuse.
De 2000 à 2014, la Tunisie a multiplié par 15 ses diplômés en ingénierie pour atteindre 7 000 par an, presque 20 par jour.
Désormais, le taux de formation d'ingénieurs est similaire au pays du jasmin et dans celui des fromages.



Toujours plus de meufs

Femmes et engineering forment un bien meilleur ménage au sud qu'au nord de la Méditerranée : une ingénieure pour deux ingénieurs autour de Tunis, contre une pour quatre vers Paris.

Cette féminisation va continuer à croître et embellir.
Cette année, pour la première fois, les inscrites aux concours d'entrée dans les écoles d'ingénieurs tunisiennes dépassent légèrement les inscrits ...

Le regretté Louis Aragon, s'il revenait parmi nous du côté de l'antique Carthage, modifierait certainement son poème pour proclamer que la femme est aussi l'avenir de la technologie.

Tout ne va pas mal.

Fémino-ingéniéro-tunisiquement votre

Références et compléments
Tous mes chaleureux remerciements à Wafa Kedous et à l'ATFI pour leur invitation.

Pour en savoir plus sur l'ATFI Association Tunisienne Femmes Ingénieures, rendez-vous sur la page Facebook de cette association.

Voir aussi la chronique "2 rayons de soleil dans un ciel européen grisâtre" ainsi que les très (trop ?) nombreux autres billets sur la Tunisie.

L'ATFI a fait le choix heureux de l'orthographe plutôt québécoise ingénieure plutôt que de la formulation française asexuée ingénieur ou encore de l'hideuse appellation technocratique ingénieur-femme.

Les photos ont été prises à la journée "femme ingénieure : défis et perspectives" de l'ATFI le 7 mai 2016 organisée à la technopole El Ghazala de l'Ariana.

vendredi 6 mai 2016

​Le charme méconnu de l'odonymie tunisienne

Les odonymes - c'est à dire des noms des voies de communication - sont d'excellents révélateurs de l'inconscient collectif d'une société.
Jugez sur pièces avec ces quelques exemples glanés dans l'agglomération du grand Tunis.

Faut-il se coucher avant ou après avoir reçu une illumination ?

Peu de botanistes le savent mais l'hybridation du lilas avec le palmier permet d'obtenir de la gulycine, à ne pas confondre avec la glycine.

Tous les chemins mènent au stade !

Réunir Garibaldi, Lénine, Gandhi et Jean Jaurès entre Marseille et Le Caire, il fallait oser !

Quand l'auteur du Petit Prince voisine les astronautes d'Apollo XI, on s'approche des étoiles ...

Pas moins de 18 nids de poule ralentissent la circulation sur cette avenue !

Le triomphe des sciences annonce une ère nouvelle.

Si les associations rencontrent l'arbitrage ...

Eurêka s'écria Archimède en rencontrant Thalès. Vu le caractère tortueux de ces rues, Euclide n'y avait pas sa place.

Les rêves longent l'autoroute et rencontrent Aristote.

Quartier exclusivement réservé aux mathématiciens et aux numérologues.

Apparemment, les terroristes tunisiens s'approvisionnent en explosifs dans les teintureries.
Tunisiquement votre

Références et compléments
Chaque image a été capturée sur Google Maps les 5 et 6 mai 2016.
Beaucoup d'odonymes - je ne me lasse pas de l'utilisation de ce terme - affichés sur ce service cartographique sont signalés ou rectifiés par les usagers.
Aussi son remplissage n'est pas toujours le meilleur ami de l'orthographe.

Article odonymie sur Wikipedia

dimanche 1 mai 2016

Deux rayons de soleil dans un ciel européen grisâtre

Trop souvent nous préférons porter notre attention sur les déraillements plutôt que sur les trains qui arrivent à l’heure à bon port.
Les colonnes de ce blog ne font pas, en ce domaine, exception.


Aussi, une fois n’est pas coutume, je voudrais relater deux rayons de soleil ayant dardé cette semaine. Bien que ténus et fragiles, ils possèdent l’immense mérite de contraster avec la morosité de l’heure.

Des docteurs qui changent le monde

« Mais soyons vrais, docteur, quand la jeunesse et l'amour sont d'accord … »
Beaumarchais - Le barbier de Séville
La semaine dernière, j’ai eu l’opportunité et la chance d’assister à des présentations par des « doctorants » grenoblois de leurs travaux et d’échanger avec plusieurs d’entre eux.

Le néologisme « doctorant » désigne un étudiant en train de réaliser une thèse de doctorat, c’est à dire d’approfondir durant environ trois ans un sujet de recherche très précis qui n’a encore été défriché par personne.

Optimisme et dynamisme se dégageaient de ces exposés variés.

Demain bouillonne et émerge dès aujourd'hui dans les laboratoires de recherche.
Des jeunes des quatre coins de la planète, s’exprimant indifféremment en anglais ou en français, s’acharnent à faire émerger des caméras sans fil ni pile, des trains plus économes, des bâtiments plus agréables et moins énergivores, des puces en diamant, des accès encore plus aisés à internet ou des avions plus surs, pour ne citer que quelques uns des thèmes des 500 doctorats en « electrical engineering » en cours dans la région de Grenoble.

Bien entendu, certaines de ces recherches ne déboucheront pas mais la plupart - directement mais aussi de manière inattendue - modifieront dans le futur nos quotidiens personnels et professionnels.
Notre avenir apparaissait, au cours de cette conférence, déjà palpable.

Erasmus ou l’amour saute-frontières

« Vos filles et vos fils vont la main dans la main
Faire l'amour ensemble et l'Europe de demain »
Georges Brassens - Les deux oncles
À peu près au même moment, Sandro Gozi donnait une interview au magazine français Le Point à l’occasion de la sortie de son livre « Génération Erasmus - Ils sont déjà au pouvoir ».

Je m’excuse auprès de mes amis transalpins mais, jusqu’alors, j’ignorais l’existence de Sandro Gozi qui est un professeur et homme politique italien, actuellement secrétaire d’état aux affaires européennes.

Dans son entretien, ce ministre polyglotte explique que les premiers étudiants à avoir bénéficié du programme universitaire européen Erasmus - il fut l’un d’entre eux dans les années 1990 à Paris et Bruxelles - occupent désormais des postes de responsabilité et « qu’ils doivent sauver l’Europe ».

Plus étonnant et plus énergisant, il rappelle aussi qu’Erasmus a eu pour conséquence la formation de nombreux couples transfrontaliers qui ont « l’Europe inscrite dans leur ADN ».
Environ un quart des étudiants ayant bénéficié de ce programme vit avec une personne d’une autre nationalité que la sienne.
Désormais presque 500 000 couples - sensiblement 1 ménage européen sur 200 - doivent leur rencontre à Erasmus.

Le chiffre du million de bébés Erasmus rendu public par la commission de Bruxelles et repris par Sandro Gozi n’est pas encore atteint mais devrait l’être d’ici 5 ans.

Tous comptes faits, les « deux oncles » de Brassens sont en passe de « devenir des soldats inconnus ».


Scène du film de Cédric Klapisch « casse-tête chinois » avec Romain Duris.
Ce film est le dernier volet d’une trilogie composée aussi de « l’auberge espagnole » et des « poupées russes » qui retraçe la vie d’étudiants Erasmus se rencontrant initialement à Barcelone au début des années 2000.

« C’est en croyant aux roses qu’on les fait éclore »
Anatole France

Optimistement votre

Références et compléments
Je remercie Gérard Meunier pour m’avoir invité à la journée des doctorants de EEATS.
Toutes les informations sur les doctorats en « electrical engineering » dans la région de Grenoble sont disponibles sur le site de l’école doctorale EEATS.

La chanson « les deux oncles » de Georges Brassens - qui choqua beaucoup lors de sa sortie en 1964 - prône la réconciliation européenne après les deux conflits mondiaux.
Le texte met en scène deux oncles décédés à la guerre, l’un « ami des Tommies » c’est à dire des anglais, l’autre autre « ami des Teutons » autrement dit des allemands, dont l’auteur se sert pour appeler à dépasser leur opposition passée « maintenant que vos controverses se sont tues ».

L’interview de Sandro Gozi a été évoquée par Jacques Munier sur France Culture dans son billet quotidien « le journal des idées ».
Elle est disponible en ligne sur le site du Point (consultation payante).

Page sur le site des Éditions Plon au sujet du livre de Sandro Gozi « Génération Erasmus - Ils sont déjà au pouvoir ».

Articles Wikipedia sur Erasmus et sur Sandro Gozi.

La photo extraite du film de Cédric Klapisch « casse-tête chinois » a été trouvée dans un article de Libération sur le million de bébés Erasmus et provient de StudioCanal.