dimanche 13 novembre 2016

Vidéos Le Projet Fait Rage

Je débute aujourd'hui de nouvelles chroniques - cette fois en vidéo - intitulées "Le Projet Fait Rage".

Ces petits films, publiés sur YouTube, traiteront d'innovation, de marketing et de développement de produits ou services.
Avec un parti-pris résolu : l'agilité, c'est à dire l'humain et l'imagination plutôt que les procédures préétablies !

Pour cette première livraison, un avant-goût du programme.



Références et compléments
LPFR Le Projet Fait Rage

mercredi 2 novembre 2016

Impressions marocaines

Marrakech, piscine d'un hôtel haut de gamme, dimanche après-midi.
Soleil légèrement voilé, 31°C. 




La ville si proche et si lointaine.

Clientèle internationale, européens, marocains, arabes du golfe, expatriés...

Personnel de service nombreux, à l'affût des sollicitations.

Mélange des langues, arabe, français, anglais, allemand...

Un couple arabe fume et sirote du rosé en écoutant la mythique Fairuz, libanaise chrétienne, chanter « Al Bint el Chalabiya » qui évoque un quartier branché de Bagdad à une époque révolue.
Je fredonne la chanson, le monsieur la connaît par cœur.

Une jeune fille enterre sa vie éponyme en compagnie de deux amies, tout aussi bronzées qu'elle.
Juive francophone, elle disserte, diadème en toc sur la tête, d'Israël et de rites religieux.
Puis la conversation bascule sur pilule contraceptive et stérilet.

Des émiratis Armani, arborant une barbe à la taille du meilleur aloi, éclusent bière sur bière.

Des gamins variés barbotent joyeusement.

Trois hommes à la mine sévère font une apparition, marcel blanc et serviette assortie nouée autour des reins.
Ils longent la piscine et font demi tour.

Deux blacks magnifiques, en vêtements moulants révélant leur anatomie sculpturale, parcourent le jardin puis bavardent en anglais avec les émiratis.
« Nice to meet you! ».

Deux jeunes femmes, huppées et voilées, boivent du thé, à quelques mètre de deux amoureux marocains testant, main dans la main, la production viticole locale.

Un peu en retrait, je termine, de conserve, mon Coca Light et cette chronique.

Cosmopolitement votre


samedi 8 octobre 2016

Elon Musk nouveau Christophe Colomb ?

L'entrepreneur américain Elon Musk a affirmé que sa société SpaceX opérera des vols habités vers Mars dès 2024, avec des billets presque abordables.
Aussitôt, réseaux sociaux et gazettes ont vu dans cette grande gueule le Christophe Colomb du 21ème siècle.
Fidèle aux traditions de ce blog, j'ai comparé ces deux novateurs.

L'Amérique une découverte low cost

En 1492, le financement de la première expédition de Christophe Colomb - la location et l'affrètement des trois caravelles Nina, Pinta et Santa Maria ainsi que la solde des 90 marins - s'est élevé à 1.7 millions de maravédis, la monnaie espagnole d'alors.
Le découvreur de l’Amérique a apporté environ le quart de cette somme et la monarchie hispanique a fourni le complément.

À cette époque, le produit intérieur brut de l'Espagne avoisinait les 18 milliards de maravédis annuels.
La découverte de l'Amérique n'a donc mobilisé qu'un petit dix millième de la production de la péninsule ibérique.

Christophe Colomb

La fusée martienne plus chère que la caravelle

Elon Musk prétend n'avoir besoin que de 10 milliards de dollars pour développer ses engins spatiaux.

Le produit intérieur brut des USA approche 18 000 milliards de dollars par an.
Le cosmonaute 2.0 souhaite mobiliser deux gros millièmes de l'économie américaine pour rejoindre Mars.
Soit 6 fois plus que Christophe Colomb en son temps !

Elon Musk

Comparaison n'est pas toujours raison

L'Espagne du 15ème siècle, à l'instar du reste de l'Europe, était presque exclusivement agricole. L'immense majorité de la population était tout juste au niveau de subsistance.
Aussi, l'essentiel de l'économie n'était pas monétisé et la finance balbutiait.
Si l'entreprise de Colomb représentait une part microscopique de la production espagnole, elle a toutefois nécessité plusieurs pourcents des capitaux effectivement disponibles.
Ainsi, la reine Isabelle de Castille a du vendre plusieurs de ses bijoux pour sponsoriser les caravelles.
En le disant avec les mots anachroniques d'aujourd'hui, Christophe Colomb a plus sollicité les marchés financiers que SpaceX ne devrait le faire.

De son côté, Elon Musk, en bon bateleur, sous-estime sciemment le coût de son programme martien.
10 milliards de dollars représentent la moitié du développement de l'Airbus A380.
Il manque un zéro, voire plus, à cette évaluation optimiste.
Le magnat californien devrait, sans trop de soucis, conserver son avance sur le marin génois.

Le monument de Colomb à Barcelone.
Dans quelques années, y aura-t-il une oeuvre similaire à l'effigie d'Elon Musk à Los Angeles ?

Comparativement votre

Références et compléments
Voir aussi la chronique « la batterie Tesla Powerwall va-t-elle bouleverser l’électricité ? » sur une des autres entreprises futuristes d’Elon Musk.

Le coût de l'expédition de Christophe Colomb provient de l'article scientifique paru en 2007 "Columbus's First Voyage: Profit Or Loss - From A Historical Accountant's Perspective" de David Satava de l'Université de Houston-Victoria.

La valeur du PIB espagnol à l'orée de la Renaissance est issue de la base de données Clio Infra et de l'article Wikipedia "liste historique des régions et pays par PIB (PPA)".

Articles Wikipedia sur Christophe Colomb et Elon Musk.

Le portrait de Christophe Colomb a été peint par Ridolfo Ghirlandaio. La photo d'Elon Musk a été prise par Heisenberg Media. Ces deux images proviennent de Wikimedia Commons.
Le monument barcelonais de Colomb a été photographié par l'auteur en juin 2016.

samedi 1 octobre 2016

La résilience remède à l’hystérie

Une image vaut mille mots, parait-il.


Cette photo, intitulée « la lettre », est l'œuvre de l'anglais Cecil Beaton.
Il l'a prise, en 1940, à Londres que l’aviation allemande bombardait sans relâche afin de faire plier le dernier pays européen à s’opposer aux nazisme.

Cecil Beaton, photographe mondain, avait été affecté au ministère de l’information. Sa mission consistait à montrer la résistance des sujets de Sa Très Gracieuse Majesté sur le home front (le front domestique).

Jusqu'à maintenant, on ignore si ce cliché est spontané ou posé, son auteur ayant alterné les deux types de travail.
Quoiqu'il en soit, l'image reflète la résilience dont ont fait montre les britanniques durant la période dramatique du blitz.

Alors que les périls s'amoncellent sur la France, peut-être, pourrions-nous - en lieu et place de l'hystérie collective qui nous gagne - emprunter à cette jeune anglaise son flegme tranquille et résolu au milieu des décombres.
« We shall never surrender, never, never! »

« Ne jamais renoncer, jamais, jamais ! »

Winston Churchill
Résolument votre

Références et compléments
Voir aussi les chroniques « mes valeurs » et « 10 citations contre le terrorisme et la barbarie ».

Article Wikipedia sur le photographe britannique Cecil Beaton.

mardi 27 septembre 2016

J’ai testé le site internet de campagne électorale de François Hollande

Aujourd’hui, des sympathisants ont mis en ligne un site à la gloire de l’actuel président français, baptisé « notre idée de la France ».

Ce media clame « oui ça va mieux » et nous invite à le vérifier, chiffres à l’appui, département par département.
Les résultats pour l’Isère, où je réside, sont, pour le moins, maigrelets.

Extrait du site « notre idée de la France »

Chômage

« 611 créations nettes d’emplois depuis 2012 »
La population active de l’Isère avoisine 800 000 personnes.
Le gouvernement en place a donc accru l’emploi en 5 ans dans une proportion de 1 pour 1 300.
Mon professeur de physique de terminale aurait qualifié cet exploit d’épaisseur du trait.

Jeunesse

« 1 171 jeunes ont bénéficié d’un emploi d’avenir »
La phrase complète n’étant pas très claire, il est difficile de déterminer si cette valeur se rapporte à la seule année 2015 ou à l’ensemble du mandat présidentiel.
Le trait a bien grossi, un jeune isérois sur 200 est concerné.

Enseignement

« 1 304 postes créés depuis 2012 dans l’académie de Grenoble »
Le territoire départemental étant un peu étriqué, il a été étendu à l’académie, c’est à dire à 4 autres départements limitrophes.
Le trait devient poutre. Les effectifs de l’Éducation Nationale ont augmenté de 2% en 5 ans !

Entreprises

« 2 562 entreprises sont soutenues par BPI France », la banque publique d’investissement.
La poutre se confirme à 2% des sociétés dauphinoises.

Retraites

« 8 972 retraités ont bénéficié d’un départ anticipé depuis 2012 »
Le compteur s’emballe à 3.5% des pensionnés isérois !

Impôts

« 174 618 foyers ont bénéficié d’une baisse d’impôt sur le revenu en 2015 »
Cette fois, le match se joue presque à guichets fermés. Près d’un ménage sur trois a été moins ponctionné par les percepteurs de l’Isère l’an dernier.
Il manque toutefois la statistique des augmentations de prélèvements obligatoires de 2012 à 2016.

Supporter une équipe relégable ressemble parfois à un sacerdoce.

Factuellement votre

Références et compléments
L’image et les citations sont issues du site « notre idée de la France » le mardi 27 septembre 2016 vers 18 heures.

Les valeurs ayant permis l’étalonnage des données hollandaises proviennent de l’INSEE et de l’Académie de Grenoble.

dimanche 25 septembre 2016

J'ai testé l'indemnisation en ligne des retards d'avion

L'été dernier, le vol ramenant au bercail un membre de ma famille, à l'issue de vacances méritées, s'est posé avec 5H45 de retard.
J'en ai profité pour essayer un service internet de dédommagement des passagers.



Les ailes protectrices de l’Europe

Depuis 2004, l'Union Européenne impose aux transporteurs aériens d'indemniser leurs clients victimes d'annulation de vol, de refus d'embarquement ou de retard conséquent.

J'en profite pour relever que l'Europe - que nous adorons vilipender - a de nombreuses conséquences positives dans notre quotidien.
Ainsi, cette réglementation favorable aux consommateurs est une initiative bruxelloise pour répondre à l'incapacité de chaque état à peser face aux géants de l'aviation.

Des compagnies aériennes tous aérofreins dehors

Pour des raisons compréhensibles à défaut d'être morales, les transporteurs ont fait preuve d'un enthousiasme limité dans l'application spontanée des lois européennes.
Absences de réponse et trainages de pieds ont souvent été opposés aux passagers demandant un dédommagement.

Le combat des pots de terre contre les avions en fer était mal engagé.

Des e-juristes prennent leur envol

Toutefois, un peu partout en Europe, des startups ont été créées pour proposer, en ligne, assistance juridique et collecte d'indemnisation aux passagers floués.

Ces entreprises, qui font commerce de la défense des consommateurs, n'hésitent pas à aller au tribunal à chaque fois qu'une compagnie aérienne refuse d'appliquer la législation.
Ainsi, petit à petit, elles gagnent en crédibilité auprès du public mais aussi dissuadent les manœuvres dilatoires.

La plupart de ces services internet ne demandent aucun frais préalable à leurs clients car ils se financent par une commission sur l'indemnité obtenue.

Essai transformé

J'ai donc fait appel à Flightright, entreprise berlinoise qui, d'après les gazettes et Google réunis, serait le leader dans son domaine.

En quelques clics, j'ai fourni sur le web mon identité, les paramètres du voyage retardé et mes coordonnées bancaires.
J'ai ensuite reçu, au fil des jours, quelques mails décrivant les étapes de la procédure suivie.

Au final, six semaines plus tard, Flightright a conservé 25% de l'indemnité reçue de la compagnie aérienne et m'a versé 175 €, légèrement plus que le coût du billet d'avion.

Vu la simplicité et l'efficacité de ce service de dédommagement en ligne, je les réutiliserai si je subis, à nouveau, une annulation ou un fort retard lors d'un voyage aérien.

Vivement la suite !

Pour conclure, je lance un appel simultané à Bruxelles et aux dirigeants de Flightright pour qu'ils étendent, respectivement, leur législation et leurs services aux trains et aux autoroutes.

Pourquoi ne pas être sérieusement indemnisé quand un train régional affiche une heure de retard pour un trajet d'une heure ?
Pourquoi payer le péage plein tarif lorsqu'une autoroute est totalement bouchée ou couverte de travaux ?

E-consumériquement votre

Références et compléments
Les lecteurs intéressés peuvent fureter sur le site de Flightright.
Pour lever toute ambiguïté, je précise que mon seul lien avec Flightright est l'indemnisation relatée dans cette chronique.
Avant août 2016, j'ignorais l'existence de cette entreprise.

Voir aussi le texte intégral et parfaitement soporifique du règlement européen CE 261/2004 "établissant des règles communes en matière d'indemnisation et d'assistance des passagers en cas de refus d'embarquement et d'annulation ou de retard important d'un vol".

Comme à l'accoutumée, si des politiques européens, des responsables de Flightright ou encore ceux des compagnies aériennes, ferroviaires et autoroutières souhaitent réagir à ce billet, les colonnes du blog leur sont ouvertes, de préférence sous forme d'une interview.

L'image qui montre le trafic aérien au dessus de l'Europe le dimanche 25 septembre à 10H20 provient du site flightradar24.com.

mercredi 21 septembre 2016

Le métro de Barcelone concerné par le daltonisme

La signalétique du métro de Barcelone inamicale aux daltoniens a été le thème d'une récente chronique.
Soucieux d'aider la capitale de la Catalogne, j'avais poussé le zèle jusqu'à envoyer ma prose à TMB, la régie de transports en commun de la ville de Gaudí.
Trois semaines et demi après, je recevais, coup sur coup, deux mails de réponse...

Daltoniens linguistiques

Le site web de TMB est trilingue, catalan, espagnol et anglais.
Ma maîtrise des langues de Lluis Llach et de Cervantes laissant à désirer, j'avais transmis mon irritation chromatique dans l'idiome de Shakespeare.

TMB - très à l'écoute de ses clients - m'a fait un premier retour en espagnol et un second en catalan.

J'ai du faire appel à mes restes de latin (un peu) et à Google Translate (beaucoup) pour comprendre les messages du métro barcelonais.

Transfert chez les concernés

Le premier mail émane d'un service d'attention aux citoyens.



Ce qui veut dire en substance d'après l'impayable Google :
Nous répondons à la communication concernant la conception des cartes d'information et de signalisation service de métro.
Dans ce numéro, nous vous informons que vous que nous avons déplacé sa lettre du département concerné de prendre connaissance de leurs commentaires.
Nous avons remercié les considérations sans aucun doute nous aider à améliorer le service que nous offrons aux citoyens.
Désolé pour la gêne occasionnée.
Bien cordialement.
Je déduis donc entre les lignes que TMB est probablement la seule compagnie de transports publics au monde à avoir mis sur pied un département concerné par le daltonisme.

Répondre à la réponse

Le mail suivant est aussi rédigé par le service d'attention aux citoyens.



Soit en Googlangue :
Récemment, vous avez reçu une réponse à la communication que vous soumettez à Transports Metropolitans de Barcelona (TMB).
Afin d'améliorer le service, nous demandons votre aide pour répondre à un court sondage.
Cliquez ici pour accéder au sondage.
Nous vous remercions de votre coopération.
TMB est donc aussi le seul exploitant de métro à posséder un service concerné par les personnes dont l'avis a été transmis à un département concerné.

Pierre Dac sors de ce métro !

Pour conclure, je souhaite exprimer ma profonde gratitude à TMB.
Ses courriers auront eu le mérite de me remettre en mémoire une citation du regretté Pierre Dac :
Un concerné n'est pas forcément un imbécile en état de siège.

Daltoniquement votre

Références et compléments
Voir aussi la chronique à l'origine des messages de TMB "À Barcelone, les héritiers de Gaudí ne se soucient guère des daltoniens" ainsi que l'ensemble de mes billets sur le daltonisme.

Voir aussi deux chroniques en lien avec Lluis Llach, le grand chanteur catalan :
- "L'Estaca grande chanson et petit air entêtant de liberté"
- "Votre parole est libre, votre musique est belle - Message personnel à Emel Mathlouthi" à propos de sa reprise de la chanson l'Estaca.

Cette chronique est aussi l'occasion d'un clin d'oeil amical à mes collègues catalans de travail.

André Isaac, dit Pierre Dac (1893 - 1975), est un humoriste et comédien français.
Il a également été, pendant la Seconde Guerre mondiale, une figure de la Résistance contre l'occupation de la France par l'Allemagne nazie grâce à ses interventions sur Radio Londres.
Plus de détails sur Wikipedia.

samedi 17 septembre 2016

Avez-vous appris le mot apprenance ?

La formation professionnelle permanente recèle parfois d’étonnantes surprises.
Récit d’une expérience récente.

L'apprentissage de l'apprenance

Sur mon lieu de travail, un recyclage de sécurité incendie est organisé chaque année.
À cette fin, un camion d’une entreprise spécialisée se rend sur le parking du site. Ce véhicule est aménagé pour réaliser des exercices pédagogiques avec des flammes réelles, sans préparation préalable, ni périmètre de sécurité.


Ce magnifique semi-remorque est plaisamment baptisé CAPSI : Centre d'Apprenance et de Perfectionnement à la Sécurité Incendie.

Une langue carbonisée

Intrigué par le vocable "apprenance" et soucieux de perfectionner mon français, j'ai d'abord constaté que dictionnaires classiques, Trésor de la Langue Française informatisé et correcteurs orthographiques ignorent ce terme.

Toutefois, quelques pages sur internet expliquent que ce néologisme désigne une tournure d'esprit favorable à l'apprentissage de nouvelles pratiques.
En quelque sorte, une formattitude...

Désireux d'accroître un bagage sémantique par trop réduit, j’ai supposé que la société propriétaire du semi-remorque d'apprenance devait abriter dans ses stocks un riche vocabulaire .

La visite de son site web s'est avérée décevante.
Une terminologie banale est assaisonnée de mots manquants ainsi que d'orthographe et de grammaire approximatives.
Jugez sur pièces.
La santé et ❲?❳ sécurité au travail désigne diverses disciplines visant à supprimer ou à limiter certains effets nuisibles du travail sur l'être humain (santé physique ou mentale) et sur son environnement (santé environnementale).
Tout employeur est tenu d'organiser les moyens nécessaire afin de préserver la santé et la sécurité dans son établissement. La formalisation de l'organisation, incluant l'identifications des rôles de chacun et la formation de ses équipes aux bons comportement est incontournable.
Afin de répondre aux obligations du code du travail, le chef d'établissement doit prendre les mesures pour sécuriser le personnel par le biais de d'actions de prévention, d'information et formation sensibilisation et ❲?❳ premier témoin.
J’espère que la formation anti-incendie délivrée dans le CAPSI est plus rigoureuse que la langue de ses promoteurs et qu'elle permet à ceux qui la suivent de ne pas aller au casse-pipes en cas de feu.

Quant aux responsables de l'entreprise, je peux, s'ils le souhaitent, leur présenter des personnes susceptibles d'apurer leurs publications, voire même de les faire entrer en apprenance linguistique.

Incendiairement votre

Références et compléments
J'invite les lecteurs qui nourriraient des doutes sur l’authenticité du texte rapporté ci-dessus à parcourir la rubrique formation incendie du site web de la société objet de cette chronique.

Les amoureux du français sont invités à user sans limite du TLFi Trésor de la Langue Française informatisé, le meilleur outil en ligne sur l'idiome de Molière et de Charles De Gaulle, fruit des travaux du CNRS.

Photographie réalisée par l'auteur le 15 septembre 2016.

mercredi 14 septembre 2016

Quand les émirs du pétrole régnaient sur l'Europe

Les monarques d'Arabie et du Golfe, avec leur train de vie fastueux et kitsch ainsi que leur autoritarisme teinté de religion nous choquent.
Pourtant, l'essentiel du patrimoine culturel européen est l'œuvre de souverains aussi peu exemplaires.

Des monarchies archaïques et pourtant prospères

Avec la Renaissance, au 16ème siècle, a débuté, en Europe, une ère de progrès agricoles, techniques et sanitaires qui, pas à pas et dans la douleur, a boosté productions, villes et populations.

Ces changements économiques ont toutefois tardé à se transformer en évolutions politiques.
Clergé et noblesse s'empressaient de rappeler au bon peuple que cet ordre des choses pyramidal et inégalitaire était, pour l'éternité, un don de Dieu.
Aussi les monarchies absolues et leurs cortèges de féodaux ont bénéficié, pendant presque trois siècles, des fruits juteux à souhait de la rente foncière et des multiples taxes.

Peu soucieux de redistribution sociale, les rois et leurs obligés s'ingéniaient à dépenser illico ces sommes prodigieuses en guerres mais aussi en constructions ostentatoires, tant civiles que religieuses.

Palais royal de Turin

Paraitre pour être 

Le 18ème siècle fut l'apogée de ce système.
Les styles baroques et rococo, avec leurs cargaisons de dorures et de décorations, reflètent de goûts et envies de nouveaux riches.
Un palais royal ou ducal devait d'abord en mettre plein la vue !

Mobilier rococo au pavillon de chasse de Stupinigi

Le roi de France Louis XIV - alors souverain le plus puissant d'Europe - fit bâtir le gigantesque château de Versailles pour montrer qui était le patron en impressionnant ses sujets et ses voisins.

Dans le même temps, les émirs de Savoie, qui régnaient, depuis Turin, sur la province éponyme mais aussi sur le nord de l'Italie actuelle, voulurent se mettre en évidence. Pourtant la première garnison française n'était qu'à une trentaine de kilomètres de leur capitale.
Les rois de Piémont-Sardaigne - comme ils aimaient se faire appeler - érigèrent en un temps record une multitude de palais non loin du Pô ainsi qu'un pavillon de chasse somptuaire à quelques encablures.

Coupole du pavillon de chasse de Stupinigi

Les fastes royaux en héritage 

En bon touriste, j'ai récemment arpenté Turin et visité plusieurs de ses monuments.
Désormais, cet imposant patrimoine - les anglo-saxons disent heritage - procure émotions et plaisir à ses hôtes tout en propulsant l'activité économique.
Pourtant, ces palais et églises ont été commandités par des monarques dépensiers aux motivations douteuses et financés une paysannerie miséreuse essorée par l'impôt.

Pavillon de chasse de la maison de Savoie à Stupinigi
Peut-être, dans quelques années, irons-nous, de même, à Riyadh ou Dubaï admirer en flânant les oeuvres des rois du pétrole...

Baroquement votre

Références et compléments
Voir aussi les chroniques :
Rimbaud + McDo + Dubaï = le plateau ivre
Le Vatican : des Saouds bien de chez nous
Daech s'est déjà implanté deux fois en Europe

Site web de l'office du tourisme de Turin / Torino

Photos prises par l'auteur à Turin / Torino et Stupinigi le 10 septembre 2016.

samedi 3 septembre 2016

Peut-on faire son beurre dans le lait ?

La couverture médiatique du récent conflit entre les agriculteurs français et la multinationale Lactalis sur le prix du lait n'a guère permis de se forger une opinion éclairée.

Nos gazettes utilisaient les centimes par litre pour évoquer les éleveurs.
Le chiffre d'affaire ou bien les marges ou encore les bénéfices de l'industrie laitière étaient présentés, sans distinguo, en milliards ou millions, suivant l'humeur du journaliste.
Quand à la distribution, pour une fois, personne ou presque ne l'a évoqué.


Je vous propose d'examiner de près le contenu d'une bouteille de lait.

Des consommateurs qui consomment tout et n'importe quoi

Ne buvant que très peu de lait, j'ai, pour complaire aux fidèles lecteurs de ce blog, payé de ma personne en passant un long moment à détailler le rayon ad hoc de mon hypermarché favori au doux nom d'intersection routière.

Le nombre de modèles différents de briques et de bouteilles de lait est exorbitant.
Il semble y avoir un lait pour chaque sensibilité : "entier", "bio", "demi-écrémé", "de ferme", "vitaminé", "de montagne", "grand"...
Je regrette toutefois l'absence de lait pour gauchers ainsi qu'une version pour daltoniens.

Les prix reflètent ce festival de diversité. Ils s'échelonnent de 67 centimes à 2.12 € par litre, un ratio de valeur supérieur à 3 pour un aliment réputé basique !
La moyenne se situe grosso modo à 80 centimes le litre.

Les petits contenants méritent une mention spéciale.
Le demi-litre est vendu sensiblement 70 centimes, presque autant que le litre !

Des éleveurs qui s'enfoncent

Depuis une très grande lurette, nous n'achetons plus notre lait au jour le jour chez un voisin paysan.
En France, les éleveurs vendent en vrac l'essentiel du produit de leurs vaches à des industriels - Lactalis et Danone, mais aussi Sodiaal, sont les plus connus - qui le collectent dans les fermes.

La forte production mondiale - beaucoup de pays, à l'instar de la Tunisie, ont augmenté leurs capacités laitières ces deux dernières décennies - et l'atomisation des agriculteurs poussent les prix à la baisse.
Le lait standard est devenu une "commodité", c'est à dire une matière première à faible valeur ajoutée dont le cours fluctue avec l'offre et la demande.

En France, le lait est payé aux éleveurs entre 25 et 30 centimes le litre, un gros tiers de ce que nous déboursons.
Les organisations syndicales agricoles estiment que, pour couvrir les coûts de production, 33 centimes - 10% à 30% de plus qu'aujourd'hui - seraient nécessaires.

Peu d'entreprises peuvent supporter durablement des déficits aussi profonds.
Sauf improbable retournement de tendance, le nombre d'élevages - et pas obligatoirement le nombre de vaches - va continuer sa chute libre, une division par 6 en 30 ans.

Répartition du prix de vente d'un litre de lait en France à la rentrée 2016

Des industriels qui industrialisent

Lactalis, Danone et consorts ne se contentent pas de ramasser le lait.
Celui-ci subit une ribambelle de transformations pour en faire une boisson de longue conservation ou bien des fromages et des yaourts.

Les entreprises agro-alimentaires ajoutent aussi une composante marketing.
Collectivement, nous apprécions et sommes prêts à payer afin de nous lever pour un dessert lacté, d'avaler un fromage présidentiel ou d'ingurgiter un breuvage blanc et vivant.
La production de ces images est aussi l'oeuvre du transformateur.

Comme dans toute industrie, ces opérations sur le produit, son apparence et sa perception sont réalisées avec une grande productivité qui compresse les coûts.
La valeur ajoutée par les transformateurs dans un litre de lait est un peu inférieure au prix payé à l'éleveur, de l'ordre de 24 centimes pour un litre.

Des distributeurs qui distribuent

Depuis les usines, le lait est pris en charge par une chaîne logistique complexe qui approvisionne en continu hypermarchés et épiceries de quartier.

Une fois arrivé en magasin, les produits laitiers sont soumis à notre bon vouloir.
En fonction de nos envies, des propositions commerciales et de l'argent disponible dans notre portefeuille, nous choisissons d'acheter ou de ne plus acheter tel ou tel produit, dans ou tel point de vente.

Notre consommation directe de lait à beaucoup diminué. Désormais, packs et bouteilles n'occupent plus qu'un demi-rayon dans mon hypermarché de prédilection alors que fromages et yaourts en colonisent six.

Ce travail de distribution requiert un coût non négligeable, grosso modo deux tiers de la rémunération de l'éleveur, environ 19 centimes par litre.

Des marges à la marge

Les actionnaires des transformateurs et distributeurs - qui financent usines et stocks - souhaitent être payés en échange de cette prestation capitalistique.
Ils reçoivent sensiblement 3 centimes par litre, un dixième de ce que touchent les éleveurs, à peine 4% du prix de vente final.
Deux tiers vont aux Carrefour, Leclerc et autres distributeurs alors que seulement un tiers rétribue les industriels de l'alimentation.

Tout le long du parcours du lait, du pis de la vache à notre gosier, le fisc guette.
TVA et impôts sur les entreprises représentent un septième du prix versé au fermier, 5 centimes par litre.
L’état reçoit beaucoup plus que les actionnaires d'Auchan et Lactalis réunis.

Au total, les marges privées et surtout publiques représentent un quart du prix versé à l'agriculteur, mais seulement 10% de ce que nous déboursons.

Répartition du prix de vente d'un litre lait en France en fonction de la rémunération de l'éleveur

Éco-lactiquement votre

Références et compléments
Voir aussi sur le thème de l'économie, de l’agriculture et de l’alimentation les chroniques

Précisions méthodologiques
  • Les prix de vente du lait ont été relevés par l’auteur les 29 et 30 août 2016 à Carrefour et Carrefour Drive à Meylan (Isère).
  • Les sommes payées aux éleveurs laitiers sont celles relayées par les médias en août 2016.
  • Pour estimer les valeurs ajoutées et marges des transformateurs et distributeurs, je me suis appuyé sur les rapports annuels récents de Danone et Carrefour ainsi que sur les comptes de Lactalis de 2010, seule année où ils ont été publiés.
    Les chiffres indiqués dans cette chronique sont par nature globaux et approximatifs tout en restant dans des ordres corrects de grandeur.
    Il est d’ailleurs intéressant de relever que Danone et Lactalis - bien que le premier soit absent du lait et focalisé sur les produits frais et que le second soit d'abord un leader des fromages - dégagent, tous deux,  une marge opérationnelle et un résultat net du même ordre de grandeur en pourcentage.
  • Les "prélèvements obligatoires" sont plus importants que les seuls impôts reportés ici.
    De l'éleveur au distributeur, de nombreuses cotisations sociales, assises sur les salaires, sont versées.
    Elles sont difficiles à déterminer avec le peu de données publiques à disposition. Un bon ordre de grandeur des cotisations sociales se situe entre 3 et 9 centimes par litre, à soustraire essentiellement des valeurs ajoutées de transformation et distribution.

Je remercie les participants, qui se reconnaitront, à la récente discussion enflammée sur la crise du lait qui a servi de déclencheur à ce billet ainsi qu'au précédent sur le prix des terres agricoles.

Je m'excuse auprès des lecteurs ne résidant pas en France pour mes allusions à peu près incompréhensibles hors de l'Hexagone à des marques et publicités : "on se lève pour Danette" (Danone), camembert Président (groupe Lactalis) et lait Viva de Candia (groupe Sodiaal).
Outre Candia, qui signifie blancheur en latin, le groupe laitier coopératif Sodiaal est aussi connu par ses marques Yoplait et Entremont.

dimanche 28 août 2016

On se fait plus de blé dans l’immobilier que dans le blé

La France agricole n’en finit plus de convulser.
À chaque trimestre sa crise. Dernier épisode en date, le bras de fer entre les producteurs de lait et la multinationale Lactalis dans le nord-ouest.

La fibre paysanne étant encore vivace, les petits fermiers bénéficient de la bienveillance des urbains qui, pourtant, s'ingénient à les couler.

Retour distancié et chiffré sur un thème passionnel.

Nous vivons toujours plus nombreux dans les champs

La population française a augmenté de deux tiers entre la fin de seconde guerre mondiale et aujourd’hui. Nous sommes 25 millions de plus qu’au moment du débarquement.

Cette croissance, ainsi que la réduction de la taille des familles, a nécessité la construction de nombreux logements.
L’essentiel de cette urbanisation toujours vivace - maisons individuelles mais aussi immeubles - s’est faite en périphérie des villes et bourgades sur des terrains jusqu’alors cultivés.

L’auteur de ces lignes ne fait pas exception en la matière. J'habite un quartier de la banlieue de Grenoble qui était entièrement agricole 25 ans en arrière.

Lotissement récent à Meylan près de Grenoble.
Sur la droite du cliché, les dernières cultures du quartier.

Céder son outil de travail plus rentable que de trimer

Même avec la forte pression urbaine, les agriculteurs vendent leurs champs plus par intérêt économique que pour faire plaisir à leurs concitoyens en mal de logement.

Les terres cultivables s'échangent actuellement en Isère autour de 0.7 €/m2, avec des minimas pouvant descendre à 0.1 €/m2 et des maximas vers 1.5 €/m2.

Un mètre carré planté en blé fournit, bon an mal an, 750 grammes de céréales, soit, au cours moyen, de l'ordre de 15 centimes d'euros.
Grosso modo, les champs valent quelques années de moisson.
En dehors de la viticulture, de l'horticulture et de la floriculture, toutes les productions agricoles ont des rendements économiques similaires.

À l'autre bout de l'échelle, dans la même région, les terrains constructibles pour des habitations se négocient en moyenne à 120 €/m2, avec des pointes à 200 €/m2, voire même 700 €/m2, dans les zones recherchées des vallées proches de Grenoble.

Le paysan qui vend un terrain pour le transformer en lotissement réalise donc une plus value entre 15 000% et 100 000%.
Lors de la signature chez le notaire, il engrange d'un coup entre 8 et 30 siècles de récoltes.

Ancienne ferme à Meylan.
À droite de l'image, à l'arrière plan, des immeubles de moins de 10 ans.

Notre logement avant notre assiette

Choix personnels, contraintes professionnelles, pesanteurs sociales et imperfections récurrentes du marché immobilier se conjuguent pour nous faire dépenser beaucoup pour notre habitation, son équipement et son entretien.
Un quart de nos sous va à notre sweet home.

De même, éducation, médias et télécommunications ainsi que loisirs en tous genres s'accaparent un cinquième de notre budget.

Même si la bonne chère tient une place de choix dans nos conversations, en pratique notre nourriture est devenue une portion congrue de notre portefeuille, un gros huitième de ce qu'il en sort chaque mois.
Ces montants réduits sont utilisés surtout pour acheter des aliments transformés et assez peu de productions agricoles de base.
Je vous laisse imaginer ce qu'il peut en être dans les pays ne nourissant pas la passion française pour la bouffe et la boisson.

Répartition de la consommation des ménages français en 2015

Le sort des paysans est dans des mains tenant des smartphones et des clefs de maison

Les conséquences pour l'agriculture de ces myriades d'arbitrages individuels sont dramatiques : pression à la baisse sur les prix des denrées et envolée du cours des terrains s'ils cessent d'être cultivés.

Seul un changement significatif et durable de nos habitudes personnelles de consommation permettrait de donner structurellement de l'oxygène au monde paysan.
Au delà de notre sympathie campagnarde de façade, sommes-nous prêts à dépenser moins pour notre gîte et plus pour notre couvert ?
À diminuer nos usages d'écrans ?
À lever le pied sur nos loisirs ?

Si - comme je le pratique - notre réponse collective est majoritairement non, alors nous devons cesser de nous lamenter sur les crises agricoles à répétition dont nous sommes les principaux responsables.

Arbi-tragiquement votre

Références et compléments
Voir aussi les chroniques :
Cochonou vs éleveurs : dans le cochon tout est bon mais tout n’a pas la même valeur
- J'ai tué la librairie Arthaud de Grenoble

Je remercie les participants, qui se reconnaitront, à une récente discussion enflammée sur l'actuelle crise du lait entre paysans et Lactalis. Ce billet est directement issu de cet échange agité.

Outre les toujours très achalandés Wikipedia et INSEE, les chiffres annoncées dans cette chronique proviennent aussi des sites terrain-construction.com, leparticulier.fr et finances.net.
Pour mieux dégager les tendances, j'ai agrégé en 7 rubriques seulement les chiffres de consommation très détaillés fournis par l'INSEE.

jeudi 18 août 2016

Interdiction du burkini : haute police ou police du haut ?

​En France, conjoncture compliquée et soleil estival nous font collectivement perdre la tête.
Levons le voile sur le dernier épisode en date.

Années 1970 : le haut impérativement

L'été, lorsque j'étais gamin, sur le littoral de Charente Maritime, les CRS - plaisant acronyme désignant dans l'Hexagone la police anti-émeutes - chargés de sécuriser la baignade délaissaient leur surveillance pour faire la chasse aux rares estivantes qui bronzaient discrètement seins nus.

Au grand dam du pré-adolescent que j'étais, les flics en slip obligeaient les naïades à ragrafer leur soutien-gorge et les menaçaient d'une amende en cas de réapparition inopinée de leurs nichons.

Quelques saisons plus tard, ce conflit des hauts se dénouait et les tétons féminins gagnaient droit de cité sur les plages françaises.

2016 : le haut impérativement pas trop haut

Autres temps, autres mœurs, dans plusieurs communes, les pandores balnéaires doivent désormais s'assurer que les femmes ne sont pas trop vêtues sur le rivage et sanctionner les contrevenantes.

Des arrêtés municipaux ont été pris pour obliger les voiles à être exclusivement sur l'eau et en aucun cas sur le sable.
Le haut doit être bas et - comme on dit à Rio de Janeiro - sans bas.

Bien que le président en exercice de la république française vienne de Tulle, les tissus éponymes ainsi que mousselines et Lycra™ sont interdits de corps féminins aux abords de la Croisette.
Celles qui, pour complaire à leur Très Haut, arborent un haut vraiment très haut sont priées d'aller barboter ailleurs.
Plutôt des meufs à poil qu'à voile !

De hautes interrogations

Ce récent allongement des textes réglementaires pour raccourcir les maillots soulève moult questions dont je suis bien en peine de vous dévoiler les réponses.
  • Une tolérance existe-t-elle pour les jours où le ciel est voilé ?
  • Quelles différences entre robe de bure et bure-kini ?
  • Les hommes ont-ils le droit de venir à la plage couverts des pieds à la tête ?
    Y compris les gauchers moustachus ?
  • Moniales catholiques, bonzes bouddhistes et soudeuses à l'arc peuvent-ils profiter de la mer en tenue de travail ?
  • Le port par les françaises du passe-montagne et du cache-col est-il autorisé sur le littoral ou bien est-il limité aux Alpes et aux Pyrénées ?
  • Les très recouvrantes et très sombres combinaisons de plongée en néoprène conservent-elles leur caractère légal au pays du Commandant Cousteau ?
    Même pour les scaphandrières ?
  • Est-ce possible de parcourir les rues de Cannes sur une bicyclette aux roues voilées ?
  • Les rumeurs selon lesquelles le syndicat des dermatologues, en manque de mélanomes, aurait soudoyé plusieurs mairies sont-elles fondées ?
  • Comment le gouvernement français va-t-il traiter la protestation officielle de son homologue américain ?
    En effet, la firme Invista - anciennement Dupont de Nemours - se dit victime de barrières non tarifaires à l'encontre du Lycra™ sa fibre vedette, le bure-kini en requérant nettement plus que le monokini.
  • Les tuberculeux avec un voile au poumon ont-ils le droit de se soigner par balnéothérapie ?
  • Le costume et le soutien-gorge croisés seraient-ils seuls de mise sur la Croisette ?
  • Est-il exact que les manuels scolaires de français vont comporter une version remaniée du Tartuffe de Molière "montrez ce sein que je ne saurais ne pas voir" ?

La France n'est pas seulement le pays de Voltaire, c'est aussi celui d'Alfred Jarry.

Mono-bure-kiniquement votre

Références et complément
Voir aussi d'autres chroniques et facéties sur la vêture intégrale des femmes à la croyance similaire.
- Rire du voile ?
- L’oppor-Tunis « je retourne mon voile » – Facétie tunisienne d’après Jacques Dutronc
Molière chez Ennadha : le malade islamistaginaire
- L'avenir est à la séparation des sexes
- Le Commandant Cousteau honoré par Moncef Marzouki
- Omniprésence du voile

Télécharger gratuitement en version électronique le Traité de la Tolérance de Voltaire.

Pour les lecteurs, notamment ceux résidant hors de l'Hexagone, qui auraient manqué le débordement de passions en France au sujet du burkini, l'article du journal Les Echos "comment la polémique sur les burkinis a-t-elle enflé ?" fournit un résumé du meilleur aloi.
Le maire de Cannes a ouvert ce bal des faux-culs.

CRS signifie Compagnies Républicaines de Sécurité.

Site de la marque Lycra™ la fibre préférée des burkinis.